Présentation

Née en 1985, Elsa Werth détourne des objets du quotidien qu’elle rend inutilisables et un peu absurdes. Entre tuning et art minimal, design et surréalisme, ses installations sont les totems de notre modernité encombrée. Des modifications apport.es en vue d’améliorer les performances et le style d’un objet. Des interventions visant à le rendre unique et moins imm.diatement identifiable. De quoi parle-t-on? Deux possibilités. Soit de tuning. Ou bien d’art. Dans le cas de la seconde éventualité, on aurait alors affaire à une pratique artistique qui opère à partir d’objets de la vie quotidienne et, au moyen d’une opération minime, vient modifier leur sens de lecture. L’art du détournement, voilà la démarche dans laquelle s’inscrit le travail d’Elsa Werth, diplômée des Beaux-Arts de Paris en 2013. Qu’elle relie une pile de chaises au mur au moyen d’une “banane” – dite ceinture abdominale par les catalogues de vente – ou qu’elle fasse d’une pochette kraft une composition (post-)moderniste, Elsa Werth rend les objets du quotidien ambigus. Devenus inutilisables et un peu absurdes, ils se prêtent tout entiers à leur nouvelle fonction: celle d’être les totems furtifs de notre modernité encombrée.
Texte: Ingrid Luquet-Gad